Ohta imbe Nolofinwe ar Moringotto

Fragment du Quenta Silmarillion : 'De la Ruine de Beleriand'

Traduit par Brett Engetschwiler

 

 

 

 

Brett Engetschwiler vient de Belton dans le Missouri, USA. Il a aimé le travail de Tolkien depuis l'âge de 10 ou 11 ans et fut intéressé par ses langages, spécialement le Quenya , depuis qu'il a lut la lamentation de Galadriel. La traduction suivante fut faite grâce aux leçons de Quenya de Helge Fauskanger.

 

Ohta Imbė Nolofinwė ar Moringotto

 

San Nolofinwė cennė (ve ta séyanės ana) i quanta atalantė i Noldor, ar i atalantė pella panya ilya nossinta; ar ho ormė ar ilestel¹ Rochallonna velicė roccorya nentéro ar vane er ar lįminė² pollė ana hautas. Autanéro or Anfauglith ve sure mi i asto, ar ilya ya cennę uswerya vanwa sana Oromė cilmas né tulin; an velicė aha né senna sinavė hendurya calanė ve i hendu i Valaron.  Ar sinavė tulinnéro ana Angamando va andor ar lammanéro rombarye, ar palpa ata i fendassė ar veryo³ Moringotto ana erya ohta.  Ar Moringotto tulinnė.

 

Ya né i telda lś mi tanar ohtar ya oantéro i fendassė sarnerya, ar ta nį quentė taro nangwesanė lį i verya mirima Selma; ananta taurarya né anvelicė ilya nati mi sina Ambar, er i Valar rucinro sintė.  Nanro pollė lį lala i verya mi nķvė cįnoro; an i ondor cormanė ho i orolindalė Nolofinwėva rombo, ar omarya tulinnė laicė ar poica undu ana I tumnar Angamando; ar Nolofinwė essenė Moringotto śverya4 ar heru mįl.  Ar sinavė Moringotto tulinnė, rosta lenca horya nutalan mahalma, ar i lamma taluryo nč ve raumo nutalan. Ar otuswenčro vaina mi morė hroavarmė5; ar hecanė epė Aran ve mindo, anga-rķna, ar taura turmaryo, tengwė lį pelehtana, hatį lėo ors ve ungo.  Nan Nolofinwė ilcanė undu ta ve elen; an hroavarmerya nč panta yo silima; ar tucinnéro6 maciryo Ringil, ta mirilyanė ve helcė.

 

San Moringotto ortįnė Grond, Nambo Fatanyu, ar nira ta undu ve calanambo7.  Nan Nolofinwė tuianė oa, ar Grond narcinė taura latta mi i cemen, yassen hķsiė ar uru liltanė.  Limbė lśmi Moringotto yo otso harwi, ar otso lśmi Moringotto antanė rama qualmė yassen i rimbi Angamando lantanė or entė antar mi rucin, ar i ramar lįmanė mi i Forostar

 

Nan san Aran lauyanė yerya, ar Moringotto collė undu turmaryannas.  Neldė lśmi ruxanė tumnįro né, ar neldė lśmi ortanėata ar collė amba rįcina turmarya ar hyarinnė cassa.  Nan i cemen né ilya narcinė ar lattanė ilya corimas, ar lantanéro nanepė i tali Moringotto; ar Moringotto panyarya hyarya tįl or yahrtya, ar i cólo ta né va pitya ambo.  Ananta yo tyelima ar ilestel teccorya Nolofinwė pelehtanė i tįl yo Ringil, ar i sercė etoloiyanė more ar hķsia8 ar quantė i lattar Grond.

 

Ve sina firnė Nolofinwė, Tįra Aran Noldor, anverya ar cįna Elda-aran enwina.  I urqui carinnė lį merendė i ohta no i ando; ar Eldar lirina lį ta, an nimbentar palua tumna.

 

Notes:

 

1) Littéralement le contraire d'espoir

2) créé pour personne, littéralement “pas quelqu'un”

3) passé de oser par défi

4) opposé de brave pour lâche

5) lit. corps-protection

6) passé de “venir” pour tiré

7) mot construit pour foudre littéralement “lumière-marteau”

8) en réalité “brumeux” pour fumeux 

 

Traduction

 

Bataille entre Fingolfin et Morgoth

(Le Silmarillion, pp. 178-179)

 

Fingolfin crut voir arriver la ruine absolue des Noldor, et l'écroulement sans espoir de retour de toutes leurs Maisons; . Plein d'une rage désespérée il monta sur son grand cheval Rochallor et s'en alla seul sans que personne pût le retenir. Il traversa Dor-nu-Fauglith comme un tourbillon à travers les cendres et tous ceux qui le voyaient passer s'enfuyaient, stupéfaits, croyant qu'Oromë en personne était venu , car il était pris d'une telle folie enragée que ses yeux brillaient comme ceux des Valar. Seul il arriva devant les portes d'Angband et fit sonner sa trompe en frappant une fois encore sur les portes d'airain, et il défia Morgoth de venir l'affronter en combat singulier. Et Morgoth vint.

Ce fut la dernière fois pendant ces guerres qu'il passa la porte de sa citadelle, et on dit qu'il répugnait à relever ce défi, car, s'il était l'être le plus puissant du monde, seul de tous les Valar il connaissait la peur. Mais il ne pouvait pas refuser le duel sous les yeux de tous ses capitaines, car les rochers résonnaient du cri strident de la trompe de Fingolfin et sa voix portait clairement jusqu'au plus profond d'Angband, traitant Morgoth de lâche, de prince des esclaves. Alors Morgoth monta lentement depuis son trône souterrain, et le bruit de ses pas faisiant comme un tonnerre qui secouait le sol. Et il sortit couvert d'une armure noire, et il se dressa devant le Roi comme une tour couronnée d'acier, et son immense bouclier noir sans blason jetait l'ombre d'un nuage d'orage. Mais Fingolfin brillait.

Puis Morgoth lança vers le ciel Grond le Marteau des enfers, puis l'abattit comme un tonnerre. Mais Fingolfin se jeta de côté et Grond creusa dans le sol un gouffre d'où jaillirent des nuages de flamme. Maintes fois Morgoth tenta de l'écraser et chaque fois Fingolfin s'échappa d'un bond, comme un éclair jailli de sous un nuage noir, et il perça Morgoth de sept blessures et sept fois Morgoth poussa un cri de douleur tandis que les légions d'Angband, de terreur, se jetaient face contre terre, et leurs cris retentissaient dans tous les territoires du Nord.

Mais le Roi se fatigua et Morgoth abattit sur lui son bouclier. Trois fois il fut mis à genoux, trois fois il se leva et brandit à nouveau son écu brisé et son heaume fendu. La terre autour de lui était toute semée de crevasses et de trous qui le firent trébucher et tomber à la renverse aux pieds de Morgoth. Morgoth posa son pied gauche sur son coum et ce pied faisait le poids d'une montagne. Mais d'un dernier coup sans espoir Fingolfin lui trancha le pied de son épée Ringil, et un sang noir et fumant jaillit qui remplit tous les cratères creusés par Grond.

Ainsi mourut Fingolfin, Grand Roi des Noldor, le plus fier et le plus vaillant des anciens Rois des Elfes.Les Orcs ne se vantèrent pas de ce duel aux portes d'Angband, et les Elfes ne l'ont pas mis dans leur chants, car leur tristesse est trop profonde.

 

Traduction Anglaise littérale

 

Then Fingolfin beheld (as it seemed-him to) the full downfall [of] the Noldor, and the downfall beyond repair [of] all houses-their; and from wrath and despair Rochallor-upon great horse-his got-he and departed alone and none were able to stop-him.  Passed-he over [the] Anfauglith like [a] wind in the dust, and all that beheld issuing-his departed thinking Oromė himself was come; for great rage was him-upon so eyes-his shone like the eyes the Valar-of.  And so came-he to Angband’s gates and sounded-he horn-his, and beat again upon the doorway and dared Morgoth to single war.  And Morgoth came.

That was the last time in those wars that passed-he the doorway [of] stronghold-his, and it is said that he answered not the dare [of] free will; but yet might-his was greatest [of] all things in this world alone [of] the Valar fear-he knew.  But-he could not deny the dare in front [of] commanders-his; for the stones rang from the high-music [of] Fingolfin’s horn, and voice-his came keen and clean down to the deeps [of] Angband; and Fingolfin named Morgoth craven and lord [of] slaves.  And so Morgoth came, ascending slowly from-his underground throneand the sound [of] feet-his was like [the] noise of a storm underground. And forth-issued-he clad in black armour; and stood before [the] King like [a] tower, iron-crowned, and might shield-his, token not carven, cast a shadow over him like [a] dark cloud.  But Fingolfin gleamed

Then Morgoth raised Grond [the] Hammer [of] Hell, and thrust it down like lightning.  But Fingolfin sprang away, and Grond rent [a] mighty pit in the earth, wherein mist and fire danced.  Many times Morgoth essayed to beat-him and each time Fingolfin leaped away, like lightning from under [a] dark cloud; and wounded-he Morgoth with seven wounds, and seven times Morgoth gave [a] shout [of] agony whereat the hosts of Angband fell on their faces in fear; and the shouts in the Northlands.

But then the King grew weary, and Morgoth bore down shield-his-upon-him.  Three times crumbled down he was, and three times rose again and bore up broken shield-his and cloven helmet.  But the earth was all rent and pitted all round him, and fell-he backward-before the feet [of] Morgoth; and Morgoth set-his left foor on neck-his, and the burden [of] it was like [a] small hill.  And yet with final and hopeless stroke-his Fingolfin hewed, the foot with Ringil, and the blood forth-flooded black and smoking and filled the pits [of] Grond.

Like this died Fingolfin, High King [of the] Noldor, most brave and valiant [of the] Elven-kings [of] old.  The orcs made no festival [of] the war before the gate; and the Eldar sing not [of] it for sadness-theirs extends deep.

 

 

 

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