Genèse 2
 

Version révisée (Octobre 2003)

OK, nous continuons courageusement notre traduction de la Bible avec la Genèse, chapitre 2... les commentaires nécessaires se trouvent dans la discussion verset à verset ci-dessous

          1 Sië menel ar cemen ar ilya hossento ner telyainë. 2 Ar i otsëa auressë Eru telyanë carierya ya carnes, ar sendes i otsëa auressë ilya carieryallo ya carnes. 3 Ar Eru laitanë i otsëa aurë ar airitánë sa, an sassë Eru sendë ilya carieryallo ya ontanes ar carnes.
         
4 Sin ná i nyarna menelo ar cemeno írë nentë ontainë, i auressë ya carnë Yehóva Eru menel ar cemen.
         
5 Voro palúressëa tussa lá engë cemendë, ar olvar voro úmer tuita, an Yehóva Eru lá tyarnë mistë lanta cemenna, ar lá engë Atan mótien i palúressë. 6 Mal hísië ortanë cemello, ar ánes nén ilya i palúren cemeno. 7 Ar Yehóva Eru carnë i Atan astonen i cemello ar súyanë cuilesúlë mir nengwirya, ar i Atan né cuina onna.
         
8 Ar Yehóva Eru empannë tarwa Erendë, Rómenna, ar entassë panyanes i Atan i carnes. 9 Ar Yehóva Eru tyarnë tuita cemello ilya alda i ná vanya cenien ar mára matien ho sa, ar yando i alda cuilëo endessë i tarvo, ar i alda istyo márava ar ulcuva.
         
10 Engë sírë i lendë et Erenello antien nén i tarwan, ar entallo nes hyárina mir canta celumi. 11 I essë i minyo ná Píhyon; sa ná i sirë os ilya i nórë Havíla, yassë ëa malta. 12 Ar tana nórëo malta ná mára. Entassë ëar yando nísima suhtë ar ahyamírë. 13 Ar i essë i attëa sírëo ná Íhon; sa ná i sirë os ilya i nórë Cús. 14 Ar i essë i nelya sírëo ná Hirrecel; sa ná i celë rómessë Ahyuro. Ar i cantëa sírë ná Perat.
         
15 Ar Yehóva Eru mampë i Atan ar panyanë se Ereno tarwassë mótien sassë ar tirien sa. 16 Ar Yehóva Eru cannë i Atanen, quétala: "Ilya aldallo i tarwassë lertalyë matë. 17 Mal i aldallo istyo márava ar ulcuva áva matë, an i auressë ya matilyë sallo, anwavë firuvalyë.
         
18 Ar equë Yehóva Eru: "Umë mára sa i Atan ná eressëa. Caruvan sen restar i ná ve se."
         
19 Yehóva Eru carnë cemennen ilyë celvar palúrëo ar ilyë aiwi menelo, ar tulyaneryet i Atanna cenien mana estaneryet. Ya i Atan estanë ilya cuina onna, sa né esserya. 20 Ar i Atan estanë ilyë lamni ar i aiwi menelo ar ilyë hravani celvar, mal Atanen úmes hirë restar i né ve se.
         
21 San Yehóva Eru tyarnë núra fúmë lanta i Atanna, ar írë fumnes, mampes minë hónaxoryaron ar quantë hrávenen. 22 Ar Yehóva Eru carnë i hónaxo ya mampes i Atanello mir nís, ar tulyaneryes i Atanna. 23 San equë i Atan: "Lú sina nas axor axonyaron ar hrávë hrávenyo! Sin nauva estaina Nís, an Nerello nes mapaina."
         
24 Sië nér autuva ataryallo ar amilleryallo ar himyuva vesserya, ar nauvantë hrávë er.
         
25 Nentë heldë, i Atan ar vesserya, mal úmentë naityanë.

Ou verset par verset:         

1 Sië menel ar cemen ar ilya hossento ner telyainë.
         
Ainsi le ciel et la terre et toute leur armée fut complétés [lit. finis]. [Sië "ainsi", VT43:24. Hossë "armée", voir le Qenya Lexicon (QL) p. 41; ici hossento "de leur armée. Telyainë "complétés" ou littéralement "finis", participe passif pluriel du verbe telya- "finir, conclure, WJ:411.]

2 Ar i otsëa auressë Eru telyanë carierya ya carnes, ar sendes i otsëa auressë ilya carieryallo ya carnes.
         
Et le septième jour Dieu conclut son travail qu'il avait fait, et il se reposa le septième jour de tout son travail qu'il avait fait. [Otsëa "septième", VT42:25. - Ici le besoin d'un vrai plus-que-parfait se fait ressentir; n'ayant pas d'information publiée, j'ai dû utiliser un simple prétérit à la place. Concernant le verbe telya-, voir verset 1 ci-dessus. Carië "travail" comme nom; littéralement le gérondif du verbe car- "faire, construire". Sendë passé du verbe ser- "reposer" - pas **sernë puisque la racine originale est SED et non SER (LR:385). Comparez rendë comme passé de rer- "semer" parce que la racine est RED (LR:383).]

3 Ar Eru laitanë i otsëa aurë ar airitánë sa, an sassë Eru sendë ilya carieryallo ya ontanes ar carnes.
         
Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu'en lui Dieu se reposa de tout son travail qu'il avait créé et fait. [Verbe laita- "bénir", un mot utilisé quand Frodon et Sam furent loués sur les champs de Cormallen: A laita, laita te "bénissez [les], bénissez-les ", traduit dans Letters:308. Airita- "sanctifier", passé airitánë, un verbe trouvé dans un manuscrit non publié de Tolkien cité dans Vinyar Tengwar #32, Novembre 1993, page 7. L'article est aussi disponible en ligne, bien que Carl F. Hostetter a pour ses propres raisons effacé la référence originale du manuscrit non publié. - Le texte hébreu de ce verset se termine par un étrange phrasé mela`khto `asher bara` laŽasoth, littéralement "son travail qu'il avait créé pour faire [?cela / ?quelque chose]". Je traduis simplement "qu'il (avait) créé et fait", comme l'ont fait différentes versions modernes.]

4 Sin ná i nyarna menelo ar cemeno írë nentë ontainë, i auressë ya carnë Yehóva Eru menel ar cemen.
         
Ceci est l'histoire du ciel et de la terre quand ils furent créés, le jour où Jehovah Dieu fit le ciel et la terre. [Sin "ceci" comme mot indépendant, selon une interprétation de la phrase apparaissant dans PM:401: Sin Quentë Quendingoldo Elendilenna = ?"Ceci Pengolodh dit à Elendil". Un autre mot pour "ceci", sina, est plutôt un mot adjectival en relation avec un nom. Írë "quand" tiré de la Chanson de Fíriel, LR:72. - Le nom divin nom YHWH (Yahweh, Jehovah) est ici Quenyarisé en Yehóva. Dans la première version de cette traduction, j'avais suivi pratique commune sinon universelle de substituer "le Seigneur", en Quenya i Heru. Cependant, YHWH n'est pas un titre mais un nom propre, et devrait être préservé comme tel. (Même si i Heru Eru "le Seigneur Dieu " sonne bien, l'hébreux Yahweh `Elohim n'a pas une telle rime !) Alors que "Yahweh" est certainement une meilleure approximation de la prononciation originale de YHWH que "Jehovah", Yahweh en tant que mot est difficile à Quenyariser sans entrer en conflit avec des mots existants (comme yávë "fruit", yáwë "ravin"). Nous devons dès lors baser notre forme Quenya du nom divin sur la prononciation traditionnelle "Jehovah" à la place.]

5 Voro palúressëa tussa lá engë cemendë, ar olvar voro úmer tuita, an Yehóva Eru lá tyarnë mistë lanta cemenna, ar lá engë Atan mótien i palúressë.
         
Il n'y avait pas de buisson sur le champ sur terre, et les plantes ne poussaient pas, parce que Jehovah Dieu [n'avait] pas fait pleuvoir sur terre, et il n'y avait pas d'homme pour cultiver [lit. travailler sur] le champ. [Voro "continuellement", ici utilisé ensemble avec un négatif pour "pas encore ", "toujours...pas". Palúrë "surface, sein, sein de la Terre ", LR:380 s.v. PAL; traduit ici "champ. La phrase palúressëa tussa, "un buisson sur le champ [ou, surface de la terre) " inclut palúressëa comme un adjectif (en -a) dérivé de la forme locative (en -ssë) de palúrë. (Pour "[étant] au ciel ", Tolkien lui-même utilisa l'adjectif menelessëa ou meneldëa, basé sur menelessë, meneldë comme formes locatives de menel "ciel"; voir VT43:13, VT44:16.) Lá engë, lit. "n'exista pas " = "il n'y avait pas ..." Tuita "pousser", QL:96.]

6 Mal hísië ortanë cemello, ar ánes nén ilya i palúren cemeno.
         
Mais une brume s'éleva de la terre, et elle donna de l'eau à la surface entière de la terre . [Mal "mais", VT43:23. La signification précise en hébreux `edh est disputée. Même les traducteurs des anciens temps semblent incertains; ils le traduisirent "fontaine" ou "nuage". Quelques versions modernes lisent "brume" ou "vapeur", donc j'utilise hísië ici. (En Sindarin, mith "bruume humide " aurait peut-être aurait été la traduction parfaite !) Ánes "cela donna"; voir QL:31 pour ánë comme passé de anta- "donner".]

7 Ar Yehóva Eru carnë i Atan astonen i cemello ar súyanë cuilesúlë mir nengwirya, ar i Atan né cuina onna.
         
Et Jehovah Dieu fit l'homme de la poussière de la terre et insuffla un souffle de vie dans son nez, et l'homme devint une créature vivante. [je suppose que la cas instrumental en -nen peut aussi désigner un matériel étant consommé dans la fabrication de quelque chose, d'où astonen = "de la poussière ". - I cemello "de la terre". Normalement l'article i n'est pas utilisé ici avec cemen "terre", mais dans ce cas cemen se réfère à la substance de la terre plutôt qu'un "nom" de la terre en tant que monde ou planète terre, et donc l'article défini peut proprement être inclus. - Quelques traductions donnent "âme vivante" à la place de "créature vivante ", mais l'hébreux nephesh se réfère à une créature ou un être vivant, difficilement à une "âme" dans le sens moderne normal, ex. quelque espèce d'esprit interne. - Le mot hébreux pour "homme" ou "être humain ", `adham (Adam), pourrait bien être la réelle source d'inspiration de Tolkien pour le mot Quenya Atan; le mot Sindarin apparenté Adan est similaire à la forme espagnole de Adam, et l'espagnol était un langage que Tolkien aimait. En utilisant le Quenya Atan pour l'hébreux `adham dans une traduction de la Bible, nous pouvons avoir bouclé la boucle- Nengwirya "son nez"; le nom nengwë "nez" devrait évidemment avoir la racine *nengwi-, puisque Tolkien le dériva de NEÑ-WI, LR:376.]

8 Ar Yehóva Eru empannë tarwa Erendë, Rómenna, ar entassë panyanes i Atan i carnes.
         
Et Jehovah Dieu planta un jardin à Eden, vers l'Est, et il y plaça l'Homme qu'il avait fait. [Le nom "Eden" peut être Quenyarisé en Eren, à ne pas confondre avec un mot pour "acier" apparaissant dans le premier Qenya Lexicon (QL:36, LT1:252). En suivant une voyelle, l'ancien *d est devenu r en Quenya, et les Eldar imitèrent ce développement en adaptant des mots étrangers au Haut-Elfique. D'où, le Nanique Khazâd fut adapté en Casar (Kasar); voir WJ:388, 389. En suivant cet exemple, j'adapte Eden en Eren, ici au locatif Erendë: les mots en -n peuvent avoir des formes locatives en -; comparez cemendë comme locatif de cemen "terre" (VT43:17) - Tarwa "jardin", QL:87. - Pour "là" nous utilisons*entassë, littéralement "ià cet (endroit)-là "; ceci est le mot apparenté Quenya probable du Sindarin ennas "là", apparaissant dans la Lettre du Roi (SD:128-9). L'ablatif entallo "de là" apparaît au verset 10. - Pour "planta", j'ai adopté le mot empannë de l'ancienne phrase des "Deux Arbres " , commençant par Valar empannen Aldaru, signifiant probablement "les Valar plantèrent les Deux Arbres" (lire peut-être *Valar empanner Aldu dans un Quenya plus compatible avec le SdA). Le Qenya Lexicon, p. 80, a un verbe rista- "planter", mais ceci entre en conflit avec un verbe tardif "couper" (LR:384 s.v. RIS) et donc n'est pas utilisé ici.]

9 Ar Yehóva Eru tyarnë tuita cemello ilya alda i ná vanya cenien ar mára matien ho sa, ar yando i alda cuilëo endessë i tarvo, ar i alda istyo márava ar ulcuva.
         
Et Jehovah Dieu fit pousser de la terre tout arbre qui soit beau à regarder [cenien, "à regarder", datif] et bon à manger [lit. "bon à manger de lui"], et aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de (la) connaissance du bien et du mal. [Yando "aussi", QL:104. Ce mot "Qenya" primitif pour "aussi" pourrait bien avoir été rejeté par le mot ya pour "et" - le Quenya tardif de Tolkien' a ar à la place - mais nous ne connaisson pas d'autre mot pour "aussi". - Tarvo, génitif de tarwa "jardin". La combinaison wo est probablement impossible en Quenya, et dans cette position il deviendrait probablement vo. Comparez le nom Curvo (Kurvo) dans PM:352; ceci représente probablement la forme impossible *Kurwo, puisque la racine est clairement KURU comme dans Curufinwë, la forme plus longue de ce nom (*Curuo > *Curwo > Curvo). - I alda istyo "l'arbre de la connaissance", istyo étant le génitif de istya "connaissance". Márava ar ulcuva "du bien et du mal ": Ulco avec la racine ulcu- désigne le "mal" comme nom, VT43:23-24. Dans la phrase márava ar ulcuva j'utilise le "possessif" ou cas "adjectival" en -va plutôt que le génitif en -o, puisque le cas en va-fonctionner comme un "objet génitif " dans des phrases comme nurtalë Valinóreva "cache de Valinor" (Silmarillion ch. 11), Valinor étant l'objet logique de la "cache". Dans le cas qui nous occupe , mára "bien" et ulco, ulcu- "mal" sont les objets logiques de istya ou "connaissance": bien et mal sont les choses qui sont "connues".]

10 Engë sírë i lendë et Erenello antien nén i tarwan, ar entallo nes hyárina mir canta celumi.
         
Il y avait une rivière qui sortait d'Eden pour donner de l'eau au jardin, et de là elle se partageait en quatre cours d'eau. [Engë "(il) existait " = "til y avait ". Hyárina "partagé", littéralement "scindés", participe passé du verbe hyar- "partager", LR:389 s.v. SYAD. Peut-être que ceci pourrait simplement être hyarna, mais nous pouvons aussi nous demander si le primitif *syadnâ = *sjadnâ ne produirait pas ?hyanda, ce qui entrerait en conflit avec un autre mot. Donc je préfère la terminaison longue du participe passé -ina, combiné avec l'allongement de la voyelle radicale.]

11 I essë i minyo ná Píhyon; sa ná i sirë os ilya i nórë Havíla, yassë ëa malta.
         
Le nom de la première [rivière] est Pishon [hébreux: Pîshôn]; c'est celle qui coule autour de tout le pays (de) Havíla [Chawîlâ], où il y a de l'or. [Ce qui ressemble le plus à sh en Quenya est hy; en faitl les Gondoriens substituèrent sh pour hy en prononçant le Quenya. Donc j'ai Quenyarisé Pîshôn en Píhyon. Sirë "coule", aoriste du verbe sir- "couler", LR:385 s.v. SIR - à ne pas confondre avec le nom apparenté sírë "rivière", apparaissant dans le verset précédent. - La préposition non-attestée os "(autour)" est basée sur la racine OS de cette signification (LR:379) et a aussi été utilisée par d'autres écrivains.]

12 Ar tana nórëo malta ná mára. Entassë ëar yando nísima suhtë ar ahyamírë.
         
Et l'or de ce pays est bon. Il y a aussi de la gomme odorante et de l'onyx. [l'hébreux bedholach se réfère à la gomme de bdellium, une sorte de myrrhe faite à partie d'une certaine sorte de résine odorante ; j'ai d'abord pensé à Quenyariser dimplement le mot hébreux comme verola, mais nísima suhtë "gomme odorante" devrait couvrir grosso modo la signification. Nísima "odorant" iest isolé de Nísimaldar "Arbres Odorants ", nom d'une région à Númenor (UT:167). Suhtë "résine, gomme " est une forme adaptée du mot primitif "Qenya" de Tolkien sukte de cette signification (QL:86); il décida plus tard que kt devint ht en Quenya. - Pas de mot pour "onyx" nulle part dans le matériel publié; ma construction heureusement pas trop bancale ahyamírë préfixe ahya- "changer" (PM:395) en mírë "joyau"; ceci se réfèrerait au "changement" ou l'alternance des couches de couleur qui se trouvent dans l'onyx.]

13 Ar i essë i attëa sírëo ná Íhon; sa ná i sirë os ilya i nórë Cús.
         
Et le nom de la seconde rivière est Gihon; c'est celle qui coule autour du pays (de) Cush. [Le nom Gihon, hébreux Gîchôn, doit devenir Íhon en Quenya (pourrait être écrit 3íhon = Ghíhon en orthographe Rumilienne!) Normalement hy peut être utilisé comme le plus proche équivalent de sh, comme dans Píhyon pour Pîshôn ci-dessus, mais hy ne peut pas se produire finalement, ainsi Cush doit devenir Cús (avec une longue voyelle comme en hébreux: Kûsh). - A nouveau, ne pas confondre sirë "coule" avec sírë "rivière".]

14 Ar i essë i nelya sírëo ná Hirrecel; sa ná i celë rómessë Ahyuro. Ar i cantëa sírë ná Perat.
         
Et le nom de la troisième est Hiddekel; c'est celle qui va à l'Est de l'Assyrie. Et la quatrième rivière est l'Euphrate. [Nelya "troisième", cf. Nelyar "troisièmes" comme le nom du Troisième Clan des Elfes, WJ:380. hébreux Chiddeqel, évidemment un nom du Tigre, que j'ai Quenyarisé en Hirrecel (en utilisant R pour D comme Eren = Eden; voir verset 8). Le nom hébreux de l'Assyrie, Ashshur, que nous adaptons Ahyur, alors que Perath, l' Euphrate, peut être adapté en Perat. - En se référant à ce que Hiddekel fait à l'Est de l'Assyrie, le texte hébreux dit qu'il "va" (holekh, en réalité représente un participe présent "[est] en train d'aller"). Pour "va" nous pouvons bien sûr utiliser le mot Quenya normal, lelya, mais ceci semble être un bon endroit pour utiliser un verbe celë, considérant que dans LR:363, la racine KEL iest définie "aller, courir (spécialement en parlant de l'eau)". Ce verbe n'est pas directement attesté en Quenya, mais la même racine apparait dans celumë "courant" (pl. celumi au verset 10).]

15 Ar Yehóva Eru mampë i Atan ar panyanë se Ereno tarwassë mótien sassë ar tirien sa.
         
Et Jehovah Dieu prit l'Homme et la plaça dans le jardin d'Eden pour le cultiver [lit. travailler dedans] et le surveiller. [j'utilise mampë comme passé de mapa- "saisir", bien que le Qenya Lexicon (p. 59) liste nampe à la place. Si ce passé inattendu (dû à la confusion avec un autre verbe de même signification) avait toujours été valide quand Tolkien écrivit les Etymologies, il l'aurait sûrement mentionné là également, mais dans LR:371 s.v. MAP-, seul le verbe mapa- est listé. - Nous n'avons pas de mot pour "cultiver", alors j'ai simplement écrit mótien sassë "travailler dans lui " (sc. dansle jardin); le verbe móta- "ltravailler" peut avoir moins de connotation "paradisiaque" , mais je ne peux pas faire mieux sans inventer de nouveaux mots. Comparez mótien i palúressë "ttravailler dans les champs " au verset 5.]

16 Ar Yehóva Eru cannë i Atanen, quétala: "Ilya aldallo i tarwassë lertalyë matë.
          Et Jehovah Dieu oprdonna à l'homme, disant : "De chaque arbre dans le jardin tu pourras manger. [Verbe can- "commander, ordonner " ou avec des choses comme objet: "demander" (PM:361-362, ou seule la racine basique KAN est directement citée, mais l'existence d'un verbe Quenya d'une telle signification dérivé de cette racine est clairement supposée, donc je peux utiliser can- ici.) Tolkien ne discuta pas de la syntaxe exacte en relation avec ce verbe, mais puisque l'objet (direct?) est censé être quelque chose qui est demandé, j'en conclus que dans le cas d'un ordre, l'action qui est commandée serait de la même manière l'objet direct. Celui qui reçoit l'ordre serait alors probablement l'objet indirect, apparaissant au datif; d'où i Atanen ici. - Lerta- verbe "pouvoir" dans le sens de "être autorisé à " (cf. VT41:6).]

17 Mal i aldallo istyo márava ar ulcuva áva matë, an i auressë ya matilyë sallo, anwavë firuvalyë."
         
Mais de l'arbre de (la) connaissance du bien et du mal ne mange pas, parce que le jour où tu en mangeras, tu mourras assurément. " [En Quenya, les ordres négatifs sont formés avec le mot áva "ne pas" + une racine verbale infléchie, comme dans áva carë! "ne [le] fais pas" (WJ:371); d'où áva matë = "ne mange pas ". - Sallo "de cela", ablatif de sa "cela" (locatifsassë "en cela" au verset 3 et 15). Anwavë "assurément, certainement ", adverbe dérivé du mot attesté anwa "vrai, réél" , LR:348 s.v. ANA2-.]

18 Ar equë Yehóva Eru: "Umë mára sa i Atan ná eressëa. Caruvan sen restar i ná ve se."
         
Et Jehovah Dieu dit: "Il n'est pas bien que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui est comme lui." [Umë "(il) n'est pas ", verbe négatif (1ère personne umin "je ne fais pas, je ne suis pas ", LR:396). Sa: ceci est un "cela" nominalisé selon ce que l'on appelle la phrase Merin, une source quelque peu discutable (voir la leçon 20 de mon cours de Quenya pour les details); actuellement nous n'avons pas de meilleure sourve pour cette caractéristique de la grammaire Quenya. Sa est aussi le pronom "cela", et il est utiilisé ainsi ailleurs dans ce texte. - Sen "(à) lui, (pour) lui ", datif de se. Restar "aide", dérivé par moi du verbe resta- "aider", QL:79.]

19 Yehóva Eru carnë cemennen ilyë celvar palúrëo ar ilyë aiwi menelo, ar tulyaneryet i Atanna cenien mana estaneryet.
         
Jehovah Dieu fit de la terre tous les animaux du champ et tous les oiseaux du ciel, et il les conduisit vers l'homme pour voir comment ils les nommerait [/appellerait]. [Joliment direct. Cemennen, forme instrumentale de cemen "terre". Atanna allatif de Atan, contraction de Atanenna. Mana "quoi (comment) ", PM:395.]

19 (cont.) Ya i Atan estanë ilya cuina onna, sa né esserya.
         
Quoi [lit. quel (que soit)] l'homme appela toute créature vivante, ce serait son nom. [j'aurais aimé savoir comme dire "devait être " en Quenya, au lieu d'avoir utilisé un simple prétérit.]

20 Ar i Atan estanë ilyë lamni ar i aiwi menelo ar ilyë hravani celvar, mal Atanen úmes hirë restar i né ve se.
         
Et l'Homme nomma toutes les bêtes et les oiseaux du ciel et tous les animaux sauvages, mais l'Homme ne trouva pas un aide qui fut comme lui. [Úmes hirë "il ne trouva pas: le verbe négatif úmë "ne fit pas, ne fut pas" (ici avec une terminaison pronominale) combiné avec la racine verbale hirë "trouver".]

21 San Yehóva Eru tyarnë núra fúmë lanta i Atanna, ar írë fumnes, mampes minë hónaxoryaron ar quantë hrávenen.
         
Puis Jehovah Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'Homme, et alors qu'il dormait, il prit une de ses côtes et la remplit de chair. [Tyarnë...lanta lit. "causa...tomber". Fúmë "sommeil", LT1:253/QL:39, verbe fum- "dormir", QL:39. Dans le premier "Qenya" de Tolkien comme établit dans le Qenya Lexicon, le passé de fum- était fúme ou fumbe, mais il peut sembler que le Quenya tardif de Tolkien le passé serait plutôt fumnë; comparez par exemple tamnë comme passé de tam- "taper" (LR:390 s.v. TAM). - Nous n'avons pas de mot tout prêt pour "côte", seulement axo = "os" en général; des composés évidents comme "os de poitrine" ou "os de côté " ne peuvent être faits, puisque nous n'avons pas de mots pour "poitrine" ou "côté". J'ai fait hónaxo "os de coeur ", puisque les côtes couvrent le coeur.]

22 Ar Yehóva Eru carnë i hónaxo ya mampes i Atanello mir Nís, ar tulyaneryes i Atanna.
         
Et Jehovah Dieu fit de la côte qu'il prit sur l'homme une Femme et il la conduisit vers l'Homme. [Tulyaneryes "il" "le, la" conduisit, dans ce cas "la".]

23 San equë i Atan: "Lú sina nas axor axonyaron ar hrávë hrávenyo! Sin nauva estaina Nís, an Nerello nes mapaina."
         
Puis l'Homme dit : "Cette fois ce sont des os de mes os et de la chair de ma chair! Celle-ci s'appellera Femme, parce que de l'Homme elle fut prise." [Le jeu de mots hébreux îsh / ishshâ = "homme / femme " ne fonctionne pas en français ; la paire Quenya nér / nís ne montre qu'un vague parallélisme (allitération). Une note de bas de page devrait être incluse: le point de vue du texte hébreux est que Adam invente un mot pour "femme" en ajoutant une terminaison féminine au mot pour "homme".]

24 Sië nér autuva ataryallo ar amilleryallo ar himyuva vesserya, ar nauvantë hrávë er.
         
En conséquance [lit. donc] un Homme vivra [lit. passe de] son père et sa mère et s'unira à sa femme, et ils deviendront une chair. [Ataryallo "de son père: contraction de atar-rya-llo "père-son-de". Développé, ceci aurait été atareryallo; comparez amilleryallo pour "de sa mère ". Hrávë er "chair une ", une chair. Comme pour l'ordre des mots, comparez la phrase de Tolkien Eru er "un Dieu", VT44:17.]

25 Nentë heldë, i Atan ar vesserya, mal úmentë naityanë.
         
Ils étaient nus, l'Homme et sa femme, mais ils n'étaient pas gênés. [Le Qenya Lexicon, p. 65, a un mot naitya- "gêner"; le paricipe passif naityana (ici au pl. naityanë) devrait alors signifier "gênés". Dans la première version de ce texte, j'ai utilisé la forme naityaina. Quand la terminaison-ina utilisée pour dériver les participes passifs est ajoutée à une racine se terminant par -a, une diphthongue -ai- apparaît naturellement (qui reçoit ensuite l'accent). Cependant, il semvle que quand la racine verbale contient déjà la diphthongue ai, la terminaison participiale plus courte -na peut être utilisée, de manière à éviter ai dans deux syllabges concomitantes : Tolkien exprima "béni" par aistana plutôt que *aistaina (VT43:30).]

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