Matthieu 1:18-2:11: L'Histoire de la Naissance de Jésus

Nous avons essayé précédemment de traduire en Néo-Quenya certains chapitres de l'Ancien Testament. Voici une section tirée du Nouveau Testament, la naissance de Jésus telle que racontée dans l'Evangile de Matthieu. Les noms des endroits et des gens ne sont que partiellement Quenyarisés dans la forme; des noms comme Yósef (Joseph) et Ves-Lehem (Bethlehem) ont des consonnes finales interdites dans les vrais mots Quenya. Comme pour "Jésus" et "Marie", Tolkien lui-même utilisa Yésus et María dans les textes Quenya ; Hristo comme forme Quenya du "Christ" est aussi une adaptation phonologique de ce mot propre à Tolkien. Sinon, voir les discussions verset par verset ci-dessous.

[Du Chapitre 1] 18 I colië Yésus Hristova martanë sië: Írë amillerya María né nauta vestien Yósef, nes hírina lapsarwa i Airefëanen, epë nentë ertainë. 19 Mal Yósef vennorya, i né faila ar úmë merë naitya se, mernë lerya se nuldavë. 20 Mal apa sannes sin, en! i Heruo vala tullë senna oloressë, quétala: "Yósef Lavirion, áva rucë mapiello María vesselya mardenna, an ya ná nostaina sessë i Airefëanen ná. 21 Coluvas yondo, ar estuvalyes Yésus, an etelehtuvas lierya úcarintallon." 22 Ilqua sina martanë quantien ya i Heru quentë tercánoryanen, quétala: "En! i vendë nauva lapsarwa ar coluva yondo, ar antuvantë sen i essë Immanuel" - ya tëa "Aselvë Eru". 24 San Yósef, apa cuivierya fúmeryallo, carnë ve i Heruo vala cannë sen, ar mampes vesserya mardenna. 25 Mal úmes ista se epë colles yondo, ar ánes sen i essë Yésus.
          [Chapitre 2] Apa Yésus né cólina Ves-Lehemessë Yúrëo i auressen Heros i arano, en! elentirmor rómenyë ménallon tuller Yerúsalemenna, 2 quétala: "Massë ëa i ná cólina aran i Yúrain? An Rómessë cennelmë elenerya, ar utúlielmë cavien sen." 3 Íre hlarnes sin, Aran Heros né horyaina, ar ilya Yerúsalemo as se, 4 ar hostala ilyë i hérë airimor ar i parmangolmor imíca i lië, maquentes te pa i colienómë i Hristo. 5 Quententë senna: "Ves-Lehemessë Yúrëo, an sië ná técina i Erutercánonen: 'Ar elyë, Ves-Lehem Yúrëo, laumë i ampitya imíca i cánor Yúrëo; an elyello tuluva túro, i nauva mavar Israel lienyan.' "
          7 San Heros nuldavë tultanë i elentirmor ar maquentë te pa i lú ya minyavë cennentë i elen. 8 Mentaneryet Ves-Lehemenna quétala: "Á lelya, á saca i hína, ar írë ihírielles á nyarë ninna, sa yando inyë polë lelya cavien sen." 9 Írë hlarnentë i aran lendentë oa, ar en! i elen ya cennentë Rómessë lendë epë te, tenna pustanes or i nómë yassë engë i hína. 10 Cenië i elen ánë tien alta alassë. 11 Lendentë mir i coa ar cenner i hína as María amillerya, ar lantala undu canwentë sen. Pantanentë harmantar ar áner sen annar, malta ar ninquima ar nísima suhtë.

Ou verset par verset :

18 I colië Yésus Hristova martanë sië: Írë amillerya María né nauta vestien Yósef, nes hírina lapsarwa i Airefëanen, epë nentë ertainë.
La naissance [colië, "le fait de porter "] de Jésus Christ se passa comme ceci [sië, "d'où"]: Quand sa mère Marie fut fiancée à Joseph [né nauta vestien Yósef = "fut obligée d'épouser Joseph"], elle se trouva être enceinte du Saint Esprit, avant qu'ils ne soient unis. [*Lapsarwa "ayant un bébé " = enceinte: lapsë "bébé" + le suffixe -arwa "ayant". *Ertainë pl. de *ertaina "uni", tirée de*erta- "unir", le mot non-attesté apparenté au Sindarin ertha- comme dans aderthad "réunion".]

19 Mal Yósef vennorya, i né faila ar úmë merë naitya se, mernë lerya se nuldavë.
Mais Joseph son mari, qui était droit [faila "juste"] et ne voulait pas qu'elle ait honte, voulut divorcer [lerya- "relâcher"] d'elle secrètement. [Le mot pour "mari" est donné verno dans les Etymologies comme imprimées dans LR, entrée BES. Mais selon VT45:7, verno est une mauvaise lecture pour venno dans le manuscrit de Tolkien. Naitya- "faire honte ", QL:65.]

20 Mal apa sannes sin, en! i Heruo vala tullë senna oloressë, quétala: "Yósef Lavirion, áva rucë mapiello María vesselya mardenna, an ya ná nostaina sessë i Airefëanen ná.
Mais qu'il ait pensé à ceci, regarde! l'ange du Seigneur vint à lui en rêve, disant : "Joseph fils de David, ne redoute pas de prendre Marie ta femme à la maison [mardenna, allatif], parce [que] ce qui est engendré en elle l'a été par le Saint Esprit . [Sannes "il pensa"; le verbe *sana- "penser", passé *sannë plutôt que *sananë, a été isolé à partir de sanar "penseur", VT41:13. Nous utilisons vala pour "ange", puisque Tolkien traduisit ce mot par "esprit angélique " dans l'Appendice E du SdA. Lavirion "Lavir-fils"; le nom David doit devenir Lavir (archaïque Laviz) en phonétique Quenya. Áva rucë mapiello "ne redoute pas de prendre"; selon WJ:415, le verbe ruc- "redouter" est construit avec "de" (ablatif en -llo) en référence à ce qui est redouté, ici mapiële gérondif de mapa- "prendre, saisir".]

21 Coluvas yondo, ar estuvalyes Yésus, an etelehtuvas lierya úcarintallon.
Elle portera un fils, et tu l'appellera Jésus, parce qu'il sauvera [ou "délivrer", etelehta-] son peuple de leurs péchés. [Dans ce texte, le verbe col- "porter" est sans cesse utilisé en référence à la grossesse ou au fait de donner naissance à un enfant, bien que peut-être Tolkien n'entendait que col- signifie "porter, transporter " dansle sens le plus basique. Nosta- signifie "donner naissance " selon une des sources primitives, mais les source plus récentes définissent ce verbe comme "engendrer" à la place (donc utilisé ici : participe passé nostaina "engendré" dans le vers 20). La forme úcarintallon "de leurs péchés " inclut *-nta comme terminaison pour "leurs", extrapolé à partir de -ntë "ils".]

22 Ilqua sina martanë quantien ya i Heru quentë tercánoryanen, quétala: "En! i vendë nauva lapsarwa ar coluva yondo, ar antuvantë sen i essë Immanuel" - ya tëa "Aselvë Eru".
Tout ceci [ilqua sina, "tout ceci "] se produisit quand le Seigneur parla par son prophète [ou "herault", tercáno], disant : "Regarde! la jeune fille sera enceinte et portera un fils, et ils lui donneront le nom Immanuel" - qui signifie "Avec nous [est] Dieu ". [Tëa "indique" (VT39:6) = *"signifie". Aselvë "avec nous "; comparez aselyë "avec vous ", VT43:29).]

24 San Yósef, apa cuivierya fúmeryallo, carnë ve i Heruo vala cannë sen, ar mampes vesserya mardenna.
Puis Joseph, après s'être réveillé de son sommeil [lit. "après son réveil de son sommeil"], fit ce que l'angle du Seigneur lui [avait] commandé [datif], et il prit sa femme à la maison. [*Mampes "il prit "; *mampë est probablement un meilleur passé de mapa- que *mapanë.]

25 Mal úmes ista se epë colles yondo, ar ánes sen i essë Yésus.
Mais il ne la connut pas [dans le sens biblique] avant qu'elle ne donne naissance à un fils, et il lui donna le nom de Jésus.

[Chapitre 2] 1 Apa Yésus né cólina Ves-Lehemessë Yúrëo i auressen Heros i arano, en! elentirmor rómenyë ménallon tuller Yerúsalemenna,
Après que Jésus fut né à Bethlehem en Judée dans les jours d' Herode le roi, regarde! des astronomes des régions de l'Est vinrent à Jerusalem, [Bethlehem représente en hébreux Beth-Lechem "Maison du Pain"; en Quenyarisant ceci en Ves-Lehem avec un trait d'union inclus pour distinguer les deux éléments, le groupe impossible sl est évité (sorte de!) Autres noms Quenyarisés : Yúrëa "Judée", ici au génitif Yúrëo "de Judée "; Yerúsalem "Jérusalem" (le -m final ne se produit pas en "vrais" mots Quenya, donc l'adaptation phonologique n'est que partielle). Le nom Herod que nous avons Quenyarisé en Heros plutôt que Heror: Normalement, le d postvocalique serait devenu z et donc r, mais Tolkien indiqua que ceci ne se produit pas quand il y a déjà un r dans une syllabe adjacente (WJ:413); dans de tels cas z devient plutôt s.]

2 quétala: "Massë ëa i ná cólina aran i Yúrain? An Rómessë cennelmë elenerya, ar utúlielmë cavien sen."
disant: "Où est [celui] qui est né roi des Juifs? Parce que [à] l'Est nous vîmes son étoile, et nous sommes venus pour lui prêter allégeance." [*Massë "où" (une fomre qui je crois apparaît dans du matériel non publié de Tolkien). *Yúra "Juif", de l'hébreux Y(eh)udâ; ici au datif pluriel Yúrain. Verbe *cav- "s'incliner, faire obéissance ": ceci est une adaptation phonologique de caw- dans l'ancien "Qenya Lexicon" de Tolkien (QL:45). Tolkien décida plus tard que le w intervocalique devient v en Quenya, mais puisque nous supposons que notre forme adaptée de *cav- représente l'ancien caw-, le passé avec infixion nasale est *canwë (verset 11).]

3 Írë hlarnes sin, Aran Heros né horyaina, ar ilya Yerúsalemo as se,
Quand il entendit ceci, le Roi Herode fut agité, et tout Jérusalem avec lui, [*Horyaina, ici traduit "agité", est le participe passif de horya- "avoir une impulsion, être contraint de faire quelque chose" (VT45:22).]

4 ar hostala ilyë i hérë airimor ar i parmangolmor imíca i lië, maquentes te pa i colienómë i Hristo.
et rassemblant tout les grands prêtres et les scribes parmi le peuple, il leur demanda le lieu de naissance du Christ. [*Airimo "prêtre" ou "homme saint ": airë, airi- "saint" + la terminaison personnelle (masculine) -mo. *Parmangolmo "scribe", littéralement "étudiant des livres ". Colienómë, "lieu de naissance " ou "endroit pour porter ": *colië + nómë.]

5 Quententë senna: "Ves-Lehemessë Yúrëo, an sië ná técina i Erutercánonen: 'Ar elyë, Ves-Lehem Yúrëo, laumë i ampitya imíca i cánor Yúrëo; an elyello tuluva túro, i nauva mavar Israel lienyan.' "
Ils lui dirent : "A Bethlehem en Judée, parce que c'est écrit par le prophète [Erutercáno "hérault de Dieu "]: 'Et toi, Bethlehem de Judée, tu n'es en aucun cas la plus petite parmi les provinces de Judée; parce que de toi [il] viendra un dirigeant, qui sera le berger de mon peuple Israel.' " [Laumë, forte négation, traduite ici "en aucun cas ". Voir l'entrée LA- dans les Etymologies. Ampitya "le plus petit ": pitya "petit" avec le préfixe superlatif/intensif an-, ici assimilé am- devant p- (comparez amparca de parca "sec", VT45:5). *Túro "dirigeant", tiré du verbe tur- "diriger"; comparez aussi la forme primitive tûrô mentionnée dans les Etym, entréeTUR.]

7 San Heros nuldavë tultanë i elentirmor ar maquentë te pa i lú ya minyavë cennentë i elen.
Alors Herode convoqua secrètement les astronomes et leur demanda quand ils avaient vu l'étoile. [I lú ya... "le moment quand ..." *Minyavë, "d'abord" comme adverbe: minya "d'abord" (adj.) + la terminaison adverbiale -.]

8 Mentaneryet Ves-Lehemenna quétala: "Á lelya, á saca i hína, ar írë ihírielles á nyarë ninna, sa yando inyë polë lelya cavien sen."
Il les envoya à Bethlehem disant: "Allez, cherchez l'enfant, et quand vous l'aurez trouvé, dites-le moi, que j'aille moi aussi lui prêter allégeance." [Mentane-rye-t "envoya-il-eux": nous supposons que *-rye- soit la terminaison longue de la 3ème personne du singulier; comparez la terminaison possessive correspondante -rya "son/sa". Ihírielles "vous l'avez trouvé ", avec -lle- comme la terminaison pour le pluriel "vous".]

9 Írë hlarnentë i aran lendentë oa, ar en! i elen ya cennentë Rómessë lendë epë te, tenna pustanes or i nómë yassë engë i hína.
Quand ils entendirent le roi, ils partirent, et regarde! l'étoile qu'ils avaient vu à l'Est, alla devant eux, jusqu'à ce qu'elle s'arrête sur l'endroit où était l'enfant.

10 Cenië i elen ánë tien alta alassë.
Voir l'étoile leur donna une grande joie. [Tien, "à eux", datif.]

11 Lendentë mir i coa ar cenner i hína as María amillerya, ar lantala undu canwentë sen. Pantanentë harmantar ar áner sen annar, malta ar ninquima ar nísima suhtë.
Ils allèrent dans la maison et virent l'enfant avec Marie sa mère, et en tombant ils lui prêtèrent allégeance. Ils ouvrirent leur trésors et lui donnèrent des cadeaux, de l'or et de l'oliban et de la gomme odorante [ex, myrrhe]. [Puisque le pronom se, au datif sen, couvre à la fois "il" et "elle" le texte Quenya est ambigu; il pourrait aussî être censé signifier que c'est à "elle" (Marie) que les astronomes prêtèrent allégeance et donnèrent des cadeaux. Pour plus de clarté, sen pourrait être remplacé par i hínan ("à l'enfant ") ici. *Ninquima "oliban", étymologiquement simplement "quelque chose de blanc " (ninquë, ninqui- "blanc"), imitant l'étymologie du mot utilisé dans le texte grec original : Libanos (dans ce verset à l'accusatif libanon) vient de l'hébreux levonâ, qui, au passage, est dérivé d'une racine signifiant "blanc", se référant à la couleur laiteuse de cette substance. "Myrrhe" nous paraphrasons en "gomme odorante ": L'ancien mot "Qenya" (1915) sukte "résine, gomme ", apparaissant dans QL:86, que nous adaptons en Quenya de style SdA par *suhtë (puisque Tolkien décida plus tard que kt devient ht en Quenya). La phrase nísima suhtë "gomme odorante " apparaît aussi dans notre traduction de la Genèse 2:12 (dans ce cas traduisant l'hébreux bedolach plutôt que levonâ, cependant).]

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